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Dans l'exposition « Face à face : l’Art du Portrait », nous avons présenté des oeuvres de six peintres -- Aitziber Akerreta, Hortense Häussling, Josette Dacosta, Martine Pinsolle, Susana Zaldívar et Zoe Bray – et d'un sculpteur, Killy Beall.

Le but de cette exposition était de montrer comment différents artistes abordent et interprètent un portrait.

Sept artistes, sept façons de faire des portraits: à travers les oeuvres de plusieurs artistes, nous avons montré toute une gamme de différents approches, allant de la sobriété du réalisme à l'ivresse d'un jeu de couleurs et de matériaux.

Certaines des artistes exposées présentent leurs sujets de façon réaliste, d’autres font des portraits où la texture et le mouvement priment sur la ressemblance. D’autres encore se lancent dans une symphonie de couleurs.

Certaines demandent à leurs sujets de poser immobiles, afin de bien saisir leur apparence et leur regard. C’est le cas, par exemple, de Zoé Bray, qui peint des portraits réalistes d’une grande force et simplicité.

« Ce qui m’intéresse, » affirme-t-elle, « c’est de capter la réalité autour de moi. Je cherche à peindre les gens tels qu’ils sont dans leur vie quotidienne. »   

 D’autres, par contre, travaillent dans l’éphémère, comme Susana Zaldívar, qui fait des esquisses sur le vif et ensuite prend des photos dont elle se sert pour créer une représentation reconnaissable mais idéalisée du sujet.

« J’aime beaucoup faire les portraits d’enfants, » nous dit Susana. « Je les fais s’asseoir, changer de position, jusqu’à ce qu’ils se trouvent confortables. Pendant qu’ils bougent, je les dessine très vite pour capter le moment. »   

Clin d’œil à des faits imaginaires ou rappel de la réalité,
« le portrait ne laisse rien caché : c’est vraiment un révélateur, » constate Hortense Häussling, qui se sert des couleurs pures en utilisant des crayons de couleur pour peindre des portraits lumineux. « Peindre quelqu’un, c’est pénétrer dans son intimité, » confirme Martine Pinsolle, qui peint surtout les portraits de ses proches. 

Tandis qu’autrefois c’était l’apparence physique qui comptait, aujourd’hui le peintre peut se concentrer en toute liberté sur le caractère et la personnalité.

Et voilà des choses qui en ressortent, comme dans le tableau d’Aitziber Akerreta, qui montre sa grand’mère mangeant une banane et son grand-père déguisé en clown avec un singe musicien sur son épaule !

Aitziber enseigne l’art aux élèves d’une ikastola à Bilbao.  Dans ses œuvres, elle combine une vision moderniste du monde et des gens qui l’entourent avec des allusions très personnelles.

Ses tableaux, explique-t-elle, « ont trait à des photos et à des souvenirs de mon enfance. » Aux personnages s’ajoutent « des éléments techniques et graphiques » dans lesquels la couleur joue un rôle important. Aitziber a gagné plusieurs prix. Elle a exposé ses œuvres dans différents endroits du Pays Basque, et notamment à Pampelune, où elle a eu une exposition individuelle dans la Galería Pintzel en novembre 2006.

--- Regardez les films de Zoé Bray en train de peindre Martine Pinsolle et de Martine Pinsolle en train de peindre Zoé Bray (auteur: Louis Pinsolle) 

  

Lire l'article du Journal du Pays Basque

Notes d'information sur les artistes:

Aitziber Akerreta

Aitziber Akerreta a fait des études de beaux arts à Pampelune/Iruña, où elle est née, et à Leioa.

Dans le tableau exposé ici, elle représente ses grands parents. C’est un travail de mémoire dont le point de départ fut une photo faite à l’occasion de leurs noces d’or.
Par la suite, elle y a ajouté des éléments personnels et picturaux pour créer un tableau plein d’éléments inattendus. Le singe musicien sur l’épaule du grand-père rappelle une série de peintures que l’artiste a faite sur le thème du cirque. La grand’mère, toujours prévenante, tient une banane dans la main pour le nourrir.

Killy Beall

Killy Beall est sculpteur et aussi peintre. Le modelage est quelque chose inné dans son être depuis toute jeune, lorsqu’elle s’est lancée, enfant, dans la sculpture en créant la forme d’un petit chien. Dans ses peintures, la matière occupe une place aussi importante que la couleur. Ses portraits sculptés, en terre cuite, en ciment ou taillée dans la pierre, sont des représentations à la fois idéalisées et réalistes de ses sujets. Parmi eux, ses sept enfants, ses petits-enfants et ses amis, ainsi que des portraits sur commande. « Je ne cherche pas à rendre joli, mais plutôt ressemblant, » explique-t-elle.

Née à Biarritz, elle s’y est initiée à la taille directe dans l’atelier du tailleur de pierre Sarrailh, ce qui l’a mise en contact avec le sculpteur de Guéthary Georges Clément de Swiecinski. Elle sculpte alors des œuvres figuratives, témoignant d’une solide base classique. Ses sculptures plus récentes, par contre, virent vers l’abstraction, dans le sillage de Brancusi et Henry Moore. Des œuvres aux lignes pures et simples rappellent les arts premiers et les temps des mégalithes. Killy Beall a exposé dans plusieurs lieux du Pays Basque ainsi qu’aux Etats-Unis et en Nouvelle Zélande. 

Hortense Häussling

Hortense Häussling vit sur une colline près de Saint Pée sur Nivelle, dans une vieille ferme entourée de la nature. Elle fait des portraits et des paysages, utilisant les couleurs pures des crayons de couleurs qu’elle fait danser comme les couleurs vues à travers un prisme. 

« J’aime la couleur pure parce qu’elle apporte l’énergie vitale, » explique-t-elle. Enfant, elle faisait de la danse et dessinait. Plus tard, elle a fait l’école nationale des arts décoratifs à Paris et travaillé avec un peintre chilien, Juan Luis Cousiño, qui lui a appris des choses essentielles sur la couleur, la forme et les oppositions des forces qui créent la vie. « Les arts primitifs c’est de la couleur pure. Plus on va vers l’authentique, plus on trouve des couleurs pures » 

Pour peindre des portraits, elle fait poser ses sujets pendant une ou deux heures à deux ou trois reprises et ensuite elle travaille seule sur la finition. « Peindre un portrait c’est une approche à la vie et à la vérité de la personne, » dit-elle. « Le résultat est psychologique. C’est un rapport d’amour, un rapport de personne à personne, un rapport d’écoute. »

Josette Dacosta

Josette Dacosta a étudié la peinture dans l’atelier de l’artiste Teresa Muñiz à Madrid. Travaillant avec des pigments et des matériaux variés, elle crée des tableaux abstraits ainsi que des peintures de fleurs et des paysages. Dans ses portraits, elle essaie de capter aussi bien le caractère de la personne que l’essence du moment vécu, utilisant toujours des couleurs fortes et des matériaux solides. « Le portrait, pour moi, » dit-elle, « c’est l’extension de mon pinceau vers l’autre personne. On se retrouve à mi-chemin et le tableau qui en résulte est l’expression de notre rencontre. »

Martine Pinsolle

Le corps humain est le sujet de prédilection de Martine Pinsolle. Ancien professeur de lettres, ayant fait ses études d’art aux écoles des beaux-arts de Bordeaux et de Bayonne, elle peint des portraits sans complaisance dans lesquelles l’intimité s’allie à la distanciation.

« Dans ma démarche, la représentation de la figure humaine est un jeu constant de dévoilement.  Habillé ou nu, le corps est livré dépouillé sur des fonds uniformes,  sans perspective, invitant l’œil à se recentrer sur les regards ou les lignes de force corporelles qui résument l’individu et  assoient sa personnalité. »

Discrète, elle peint surtout les membres de sa famille et les personnes proches. « Faire un portrait, c’est entrer dans l’intimité de la personne. Je ne peux le faire que si j’arrive à bien connaître la personne. » L’acte de peindre c’est un acte de concentration, qui n’admet pas de distraction. Le résultat est parfois inquiétant, voire dérangeant.

Susana Zaldívar  

Susana Zaldívar a fait des études d’art à Madrid. Depuis 1992, elle vit et travaille à Hondarribia et Irun, où elle enseigne au Centre des Arts Plastiques et de Dessin KUNSTHAL. Parmi ses différentes activités, elle fait partie d’une équipe multidisciplinaire pour des projets d’architecture et de paysagisme. Elle a exposé à Madrid, dans plusieurs endroits du Pays Basque et à Tunis.

Dans ses tableaux, elle allie un sens agile et humoristique du dessin avec l’utilisation de couleurs vives pour créer des portraits dans lesquels le caractère de la personne transperce de façon légère et presque ludique. Pour faire un portrait, elle fait des esquisses sur le vif et ensuite prend des photos de la personne, dont elle se sert par la suite pour créer une représentation reconnaissable du sujet, sans toutefois se cantonner dans un réalisme rigide. 

Elle peint des personnes de tous les âges, mais elle aime particulièrement faire des portraits d’enfants. « Je les fais s’asseoir, changer de position, jusqu’à ce qu’ils se trouvent confortables, » explique-t-elle. « Pendant qu’ils bougent, je les dessine très vite pour capter le moment. »

Zoé Bray

Née à Paris, Zoé Bray mène une vie péripatétique entre le Pays Basque, l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre. Docteur en sciences politiques et sociales, elle est l’auteur d’un livre sur l’identité en Pays Basque. Elle a appris à peindre à Florence, dans le studio du portraitiste américain Charles Cecil. Elle travaille selon les méthodes classiques des portraitistes qui cherchent à présenter leurs sujets de façon fidèle.

Dans ses tableaux, elle s’efforce de transmettre une vision intime des personnes qu’elle a devant elle. « Je cherche à peindre les gens tels qu'ils sont dans leur vie quotidienne, sans la formalité qui accompagne souvent le portrait. En ce sens, je m'identifie fortement avec le réalisme du 19eme siècle, quand les peintres peignaient la condition humaine, sociale. »

« On pourrait dire, pourquoi ne pas tout simplement utiliser la photographie? Ma réponse est que la tâche est bien différente. Dans la peinture, il y a un travail en plus, où le peintre rentre dans la matière, essaie de rendre le sujet encore plus tangible. Je peins la plupart du temps de nature, c'est a dire, avec le modèle devant moi. La première chose que je cherche en commençant un tableau c'est l'effet de la lumière sur le sujet. Je prends une palette limitée de couleurs et, avec de gros pinceaux, je couvre la toile de masses de lumière et d'ombre que je vois. Ainsi j'obtiens une silhouette de la personne, simple mais qui, déjà, dit l'essentiel de son identité. »   

Compte rendu de l’exposition – aspects pédagogiques

Conformément à notre objectif de rendre nos expositions accessibles aux enfants à partir de l’âge de trois ans, nous avons reçu 521 enfants pendant la durée de l’exposition, avec leurs professeurs et quelques parents. Les visites se faisaient le matin et l’après-midi, accompagnées de jeux-guides spécialement conçus pour les enfants, avec rencontres et ateliers avec les artistes. 

        Nous avons reçu :

° Deux classes uniques de 37 et 27 élèves de Mendive et de Hélette
° Une classe de 37 enfants de l’école primaire de Cambo
° 76 enfants de la maternelle et primaire de l’Ikastola de Saint Jean Pied de Port
° 96 enfants de l’école primaire de Saint Jean Pied de Port
° 81 enfants de l’école primaire  privée Sainte Marie de Saint Jean Pied de Port
° 61 élèves des classes de 5ème et 3ème du Collège de la Citadelle, Saint Jean Pied de Port

Chaque enfant recevait un jeu-guide illustré qui lui permettait de visiter seul l’exposition. Le principe du jeu-guide est simple. C’est un jeu de piste à travers lequel les enfants sont invités à découvrir différents aspects de l’œuvre de chaque artiste. Une série de questions et d’observations évoque le travail des artistes à travers les œuvres exposées. A travers le jeu-guide, les enfants apprennent à apprécier la façon de travailler de chaque artiste, son choix de couleurs et de matériaux.   A la fin du jeu, ils ont acquis les clefs pour apprécier son travail, sans préjugé ni parti pris.  

Interventions d’artistes

Cinq artistes sont intervenues pour animer des ateliers, dont trois qui participaient à l’exposition : Hortense Häussling, Zoé Bray et Josette Dacosta. Sont aussi intervenues Fabienne Garay, pour une école bilingue Basque/Français et pour un groupe d’adolescents du Collège de la Citadelle de Saint Jean Pied de Port, et Michèle Neurisse, pour une rencontre–artiste où une autre technique a été abordée.

Les plus grands parmi les enfants ont peint le portrait de leurs camarades, par groupe de sept en suivant les techniques des artistes exposés. Les plus petits ont travaillé l’argile en s’inspirant des sculptures exposées. 

Sur trois journées différentes, quatre des artistes participant à l’exposition se sont fait les portraits l’une de l’autre : Zoé Bray, Martine Pinsolle, Hortense Häussling et Susana Zaldívar. Ces évènements ont attiré un public intéressé par la façon dont un artiste aborde un portrait.

Chaque mercredi et samedi et dimanche, une artiste est intervenue devant des membres de l’association et des enseignantes pour expliquer sa propre démarche et celles des autres artistes, en faisant référence aux œuvres exposées. Qu’est-ce que la création artistique ? D’où surgit-elle ? Quelles sont les conditions qui la favorisent ?  

 
   
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